Vous savez il y a de ces petites choses dans la vie qui rendent fou. Un petit rien, un grain de sable dans l’engrenage, une goutte d’huile qui tache tout. Ou pire encore un vélo qui craque et qui grince. Oui un bruit c’est installé entre nous et le tandem. Dur pour le couple. Un mal sournois qui c’est installé entre nous, lentement mais sûrement. Déjà en Irlande il avait commencé. L’humidité, sûrement. Puis en Belgique il se révèle plus fréquent. Dans les montées seulement et pédale de gauche en avant. Je m’efforce de trouver une solution. Je consulte, même. On me suggère les pédales, je craint le cadre ou le pédalier. Mais mon mécano me rassure, ce n’est pas le bruit d’un pédalier. C’est un bruit de métal qui craque, ça emmerde. Moi l’homme je me sent responsable et je me gratte le cheveux! Certaines journées silence, ou presque. Peut-être la météo, c’est vrai qu’après la pluie, c’est pire. Ou quand c’est humide. T’as des rhumatisme mon Pumpkin? Un jour y craque, deux jours moins. Quand on ne pédale pas, rien, pas un son, rien, silence, la douceur. En France, il redouble d’ardeur, je n’en peu plus! après tout c’est moi qui l’est choisit et monté, merde on se croirait sur une brette mal graissé à la chaîne rougit de rouille. C’est pas possible! Huile, pas d’huile, rien n’y fait. Lors de la pause chez Delphine et Vincent où il y a un garage pour travailler. “Josée on démonte et remonte la bête, j’ai pas dit mon dernier mot”. Tout lavé, frotté et graissé, les pédales sont tellement propre qu’on pourrait s’en servir pour battre nos oeufs! La chaîne est comme neuve, juste un peu d’huile, pas trop. La tentions des chaînes vérifié, l’alignement. Les roues sont bien calées à leurs places. Tout semble … parfait. Au départ, comme la région est plane. pas de bruit, ou si peu, quand même un peu, je retiens mon souffle. Arrivée chez le “toubib”, le président des tandémistes de France, vous vous rappelez? Il nous dit de ne pas nous en faire , que tout les tandems craque! Quoi? Je suis auditif et maniaque avec ça. Tu veux dire que je vais devoir faire deux ans avec ce bruit! Ce serais mon chemin de croix, un calvaire. Dans les côtes de la Normandie je souhaite ne rencontrer personne. J’ai mon orgueil quand même. Vaut mieux le regarder au repos, quand il ne se plaint pas. Là il est beau et attire tout les regards. Mais sournoisement il me ronge, me nargue. Voilà la Loire, chez Philippe, re-nettoyage et re-grattage de cheveux, si ça continue je vais être chauve avant la Turquie! Attention je vous entend rire. Il m’en reste quand même! Rien n’y fait, il me reste le pédalier que je n’ai toujours pas défait. On a beau avoir un vent de dos, le moindre faux plat et hop croin crouin, de plus en plus régulier. À Tours, j’ai rendez-vous avec un mécano qui aura des pièces pour nous. Une roue neuve pour le Bob, “la remorque”. Les roulements ont rendu l’âme par une journée de pluie à les Croûtes. Vous vous souvenez, les Croûtes? Bon je me dis que je vais faire monter le mécano avec moi sur le tandem et il va bien voir ou entendre que je ne suis pas fou, ou si, je deviens fou. Je crains toujours le cadre qui pourrait être fissuré ou je ne sais quoi. En quittant la Loire pour monter voir les vignobles en hauteur. IL met le paquet, c’est le calvaire. Justement on va voir un Abbaye! Et là Josée a envi de pipi. Bon là entre les vignes, le long du mur. Et moi au bord de la route. J’ai une idée, encore! Ça fait tellement de fois que je pense avoir trouvé LA solution. Faut dire que ce n’est qu’en pédalant que ça griche. Ma solution n’est pas logique puisque je soupçonne le frein à tambour. Oui cette pièce indispensable a notre survie en descente. Il y a le petit bras de métal bloqué sur le cadre comme nos anciens vélo avec frein a rétropédalage. Il y a un boulon qui le retiens au cadre. Je le déserre. EURÉKA! La lumière fût. Non le silence! Merci, je doute encore pour quelques côtes, mais oui c’est bien vrai. Ce simple petit boulon était la cause de tout ce tapage.
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La Loire et ces rencontres.
20 juin 2008
La Loire, le vin, les châteaux, les rencontres, surtout les rencontres. Juste pour Nantes il y a Gérard qui nous guide pour faire notre entrée à vélo en ville. Puis les gens de l’office du tourisme qui nous aiguillent chez Détours de Loire pour rencontrer Marie et Christophe. Grâce à Christophe et plus tard à Willie, la roue du Bob sera changée et grâce à Marie nous ferons la rencontre de sa sœur Anne de Sébastien, Éloïse et Clément. Mais avant d’arriver là il y a aussi des tandémistes, Maryvonne et Sylvain où nous aurons droit à un sublime souper et une chambre de rêve, en plus de passer l’avant-midi au sec en attendant que passe la pluie. Merci.
21 juin 2008
C’est chez Anne et Sébastien que nous atteignons le 4000e km à Angers. Nous passerons deux jours avec eux et les enfants, Éloïse et Clément. Comme toujours c’est une belle rencontre et le départ sera douloureux. Les liens se créent rapidement, surtout avec les enfants. Nous discutons musique, arts, photos enfants. Ils sont journalistes, les enfants attachants. Clément toujours souriant et Éloïse si éveillée pour ces trois ans et demi. Le 21 c’est la fête de la musique et nous sortons en famille. “On a bien retrouvé la musique, je trouve qu’on est fort” Éloïse. Et Clément de rajouter « Ha! fait chaud! » Sublime!
Km 0, altitude 0
17 juin 2008
Nous voilà à St-Nazaire, chez Philippe et Catherine, oui nous sommes encore hébergés dans une belle maison avec vue sur la Loire qui arrive à la mer et lever de soleil sur les grandes fenêtres de la salle à dîner. Pour nous c’est le km 0 et l’altitude 0, à partir d’ici nous roulons vers l’est, vers la Turquie puis l’Asie. De la mer aux montagnes, de la vallée aux Alpes jusqu’à l’Himalaya. D’un monde à l’autre, de l’ouest vers l’est, d’une richesse à l’autre.
Bisous
15 juin 2008
Comme il est bon de se retrouver chez une belle famille après 83 km de vélo et une avant-midi sous la pluie. C’est dans le tout petit village de Guénouvry que nous trouvons refuge auprès de cette famille artistique. Dès notre arrivée Laurent m’aide à la réparation de la roue du Bob. Les roulements ne sont plus étanches, je les remonte en les graissant bien, jusqu’à la prochaine pluie. Nous tombons vite sous le charme des enfants. Au coucher ils réclament en chantant , un bisou de Josée et Robert, touchant. Ça rappelle de bons souvenirs! Famille d’accueil, famille bio, jardin bio, maison bio, Mélisse, Lalou, Coralie et Laurent vous aurez su entrer dans nos coeurs en nous ouvrant le vôtre, comme tant d’autres sur notre passage d’un soir.
Encore merci.
Bisous
Jour de pluie sur la route, France
12 Juin 2008 – Rânes
9:30h. du matin.
Il pleut. Ce n’est pas l’envie de nous recoucher qui manque, mais comme on n’est pas des mauviettes, on part quand même. Nous prenons comme toujours, les petites routes, il pleut, on manque une intersection et ça commence. On se retrouve … on se perd, enfin devant une carte de coin de rue, faut croire qu’il n’y a pas que nous qui se perdons dans ce coin. Mmm direction, “Les Crouttes” tu parles d’un nom, mais surtout tu parles de côtes! En haut d’une d’elles, un agriculteur qui lave ces gréements et qui nous lâche après notre beau bonjour, “l’eau et les côtes hahaha” merci! Il a bien raison. À force de panneaux, nous retrouvons notre chemin et surtout LA côte. Nous voilà au coin, à droite ça descend et à gauche ça monte, on va à gauche. Nous changeons de braquet en levant le tandem pour au moins pouvoir partir! Ça marche, non ça roule, 100m, 200, ouff 300 , “t’es-tu clippé Josée”, oui, non, ben déclipp, je me rendrai pas en haut. 500 m je n’entend pas Josée, mais moi je râle, j’ai les jambes en feu et je sens mes pulsations dans mes bras et mes épaules, Stop … pause. On repart, non on pousse! En haut, c’est dommage qu’il pleuve on aurait une belle vue! Et là, un vieux moqueur nous lâche, “elle est raide LA côte heing!” Ouais!
Bon c’est pas tout ça, il y a la suspension à Josée qui débarque. Tiens un abris, on change la pièce, y pleut pas … on a un abris!!! Re-départ, une autre côte, il pleut, on est bien dans le Calvados, Clac! on pédalent dans le beurre, Josée me dit “la chaîne est cassé” non heureusement juste débarqué. Celle de gauche, je replace mais les pédaliers sont un peu décalé, une dent, boff ça va faire quand même. Et oui, ça fait, même mieux!
Après 3 heures de pluie, nous dînons au restaurent, pour reprendre une certaine chaleur. Nous arrivons à Ranes presque sec. Le camping est une aubaine à 4.20 € et le bar juste à côté a Wi-Fi ? Ce soir an couche au château, où dans sa cour!
Le soir nous découvrons notre route sur la carte et réalisons que LA côte fait du 14 %, hors catégorie ! Ha la vache!
Opération Jubilee, France
19 Août 42, raid allié, surtout des Canadiens, 5000 débarquent à Dieppe pour se faire massacrer en moins de deux heures! Nous devions donc y passer et marcher sur ces galets jadis ensanglantés.
Pour nous une journée de repos. Ce n’est qu’en 44 que les Canadiens entreront victorieux pour délivrer la France.
Et là, juste comme je vous écris, ici, au camping, voilà le maire de la commune qui débarque pour nous saluer, nous les Canadiens. Voilà, il ne faut pas oublier, jamais. Nos voisins de camping nous offrent une bouteille de cidre local pour accompagner notre fromage ! La vie est belle !
30 minutes plus tard, revoilà le maire avec une bouteille de champagne, cadeau! Juste parce que nous sommes Canadiens !
Nous apprenons un peu plus tard que Sylvie, du camping l’avait informée de notre présence, merci, Sylvie.





