1984

Notre premier voyage en vélos

Fraîchement diplômé en horticulture, nous rêvions d’un voyage avant notre début dans le grand monde du travail.

À cette époque, la documentation et l’information n’étaient pas si disponibles. Imaginez, pas d’internet, pas de carte bancaire, et les guides ouff. Pour ce qui est des visas et bien, nous apprenions à la douane les règles en vigueur. De plus l’Union européenne n’existait pas, chaque pays avait sa douane. La Yougoslavie existait encore et les tensions entre Israël et la Palestine étaient palpables. Une lettre prenait un mois a parvenir à destination. Même pas d’odomètre, calcul au quotidien des distances sur une carte.

Mais qu’à cela ne tienne, nous avons réalisé notre rêve de partir en vélo de la Hollande jusqu’en Égypte.

Sur nos petites montures cyclotouristes Mikado et nos petits sacs Montagnard (les premières Arkel), notre équipement était simple, mais déjà efficace. Nous n’avons jamais voyagé aussi léger.

À notre départ d’Amsterdam, nous nous rendîmes en Allemagne pour poursuivre en train vers la Suisse où nous attendait un petit travail de vendange. Une famille super accueillante nous a reçus pour cette merveilleuse étape de récolte et de taille. Nous  gardons un merveilleux souvenir des dîners en communauté et des soupers à déguster des bons vins à l’aveugle. Surtout pour Robert, car c’était une activité d' »hommes ». Le tour du lac Léman et le col du grand St-Bernard ont modelé nos petits mollets. Par la suite, nous nous sommes dirigés vers la Grèce en train (la neige est présente dans les cols)en effectuant des arrêts en Yougoslavie, Italie. De la Grèce une petite tournée dans le nord pour rejoindre Athènes et l’ile de Crête. De belles montées et du pittoresque au quotidien. Hum le yogourt grec au miel.

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Retour sur Athènes pour prendre un traversier pour Israël. Au départ prendre un traversier n’est pas compliquer, mais à cette époque de trouble! Un touriste en vélo peut devenir suspect. La douane israélienne nous questionne, nous demande si nous transportons une bombe, si des personnes nous ont remis un colis. Bref un peu effrayant quand tu as vingt ans et que tu ne connais rien des activités internationales. Ne croyez pas que nous ayons pris un bateau de croisière première classe, oh non, classe dormir sur le pont, au gré du vent, de la pluie et du mal de mer.

Israël, la chaleur, la mer Galilée, le désert, la mer morte, et un pays charger d’histoire sous des tensions perceptibles dès notre arriver. Militaires dans les bus, points de contrôles de routes, mais surtout aux douanes. Pas que nous soyons très croyants, ni pratiquant, mais nous avons visité Israël en lisant la Bible. Un cadeau qui nous avait été donné et que nous avons toujours. Tout de même une bonne idée comme guide de voyage!

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Pour la suite de notre projet, l’Égypte par le désert du Sinaï. C’est bien beau, mais il y a la Palestine sur le chemin et la tension avec Israël. Au poste de contrôle le militaire ne veut pas nous laisser passer, pas question non plus de retourner à Gaza. Bon on fait quoi? Il nous invite (sans nous laisser le choix) au camp militaire pour la nuit et nous réserve un transport pour le désert jusqu’au Caire, car selon lui pas question non plus de traverser le désert à vélo, trop dangereux, et il ne veut pas de problèmes diplomatiques. Nous partageons un taxi avec une famille locale et une Anglaise qui vit au Caire. Cette dernière nous invite chez elle pour la durée de notre voyage en Égypte. Le Caire, une ville qui est un pays en soi par sa population, sa diversité et son histoire. Les pyramides, Luksor et plus encore.

C’est ici que prendra fin ce voyage d’initiation au cyclotourisme et du début de notre éternel besoin de voir le monde. Bien sûr il y a eu les enfants, d’autres projets professionnels, mais notre curiosité pour le monde est quotidien et intarissable.

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